08/12/2005

Les Amoureux Des Bancs Publics

Les amoureux des bancs publics

Les gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu´on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c´est une absurdité
Car à la vérité
Ils sont là c´est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants

Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´disant des "Je t´aime" pathétiques
Ont des p´tit´s gueul´ bien sympathiques

Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d´azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher
Ils se voient déjà doucement
Ell´ cousant, lui fumant
Dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé

Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´disant des "Je t´aime" pathétiques
Ont des p´tit´s gueul´ bien sympathiques

Quand la saint´ famill´ machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell´ leur décoche hardiment des propos venimeux
N´empêch´ que tout´ la famille
Le pèr´, la mèr´, la fille
Le fils, le Saint Esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s´conduir´ comme eux

Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´disant des "Je t´aime" pathétiques
Ont des p´tit´s gueul´ bien sympathiques

Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s´apercevront émus
Qu´ c´est au hasard des rues
Sur un d´ces fameux bancs
Qu´ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour

Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´disant des "Je t´aime" pathétiques
Ont des p´tit´s gueul´ bien sympathiques

(Paroles et musique de George Brassens, 1952)


16:55 Écrit par biffi123 | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Le Petit Cheval

 

Le petit cheval.

Le petit cheval dans le mauvais temps
Qu´il avait donc du courage
C´était un petit cheval blanc
Tous derrière et lui devant

Il n´y avait jamais de beau temps
Dans ce pauvre paysage
Il n´y avait jamais de printemps
Ni derrière ni devant

Mais toujours il était content
Menant les gars du village
A travers la pluie noire des champs
Tous derrière et lui devant

Sa voiture allait poursuivant
Sa belle petite queue sauvage
C´est alors qu´il était content
Tous derrière et lui devant

Mais un jour, dans le mauvais temps
Un jour qu´il était si sage
Il est mort par un éclair blanc
Tous derrière et lui devant

Il est mort sans voir le beau temps
Qu´il avait donc du courage
Il est mort sans voir le printemps
Ni derrière ni devant

(Poème de Paul Fort, musique: Georges Brassens, 1952)


16:54 Écrit par biffi123 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La Prière

La prière

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre;
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus par l'ivrogne qui rentre,
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié,
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée,
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
S'écrie : "Mon Dieu ! " Par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne
Je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guéri,
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid,
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée,
Par le baiser perdu par l'amour redonné,
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie:
Je vous salue, Marie.

(Poème de Francis Jammes, musique: Georges Brassens, 1953)


16:53 Écrit par biffi123 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Jeanne

Jeanne

Chez Jeanne, la Jeanne,
Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu,
On pourrait l'appeler l'auberge de Bon Dieu
S'il n'en existait pas une,
La dernière où l'on peut entrer
Sans frapper, sans montrer patte blanche...

Chez Jeanne, la Jeanne,
On est n'importe qui, on vient n'importe quand,
On est n'importe qui, on vient n'importe quand,
Et, comme par miracle, par enchantement,
On fait parti' de la famille,
Dans son coeur, en s' poussant un peu,
Reste encore une petite place...

La Jeanne, la Jeanne,
Elle est pauvre et sa table est souvent mal servie,
Mais le peu qu'on y trouve assouvit pour la vie,
Par la façon qu'elle le donne,
Son pain ressemble à du gâteau
Et son eau à du vin comm' deux gouttes d'eau...

La Jeanne, la Jeanne,
On la pai' quand on peut des prix mirobolants
Un baiser sur son front ou sur ses cheveux blancs,
Un semblant d'accord de guitare,
L'adresse d'un chat échaudé
Ou d'un chien tout crotté comm' pourboire...

La Jeanne, la Jeanne,
Dans ses rose' et ses choux n'a pas trouvé d'enfant,
Qu'on aime et qu'on défend contre les quatre vents,
Et qu'on accroche à son corsage,
Et qu'on arrose avec son lait...
D'autres qu'elle en seraient tout' chagrines...

Mais Jeanne, la Jeanne,
Ne s'en souci' pas plus que de colin-tampon,
Être mère de trois poulpiquets, à quoi bon
Quand elle est mère universelle,
Quand tous les enfants de la terre,
De la mer et du ciel sont à elle...

(Paroles et musique: Georges Brassens, 1962)


16:52 Écrit par biffi123 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Brave Margot

Brave Margot

Margonton la jeune bergère
Trouvant dans l'herbe un petit chat
Qui venait de perdre sa mère
L'adopta
Elle entrouvre sa collerette
Et le couche contre son sein
c'était tout c' quelle avait pauvrette
Comm' coussin
Le chat la prenant pour sa mère
Se mit à téter tout de go
Emue, Margot le laissa faire
Brav' margot
Un croquant passan à la ronde
Trouvant le tableau peu commun
S'en alla le dire à tout l' monde
Et le lendemain

Refrain

Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat
Tous les gars , tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la
Et Margot qu'était simple et très sage
Présumait qu' c'était pour voir son chat
qu'les gars , tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la.

L' maitre d'école et ses potaches
Le mair', le bedeau, le bougnat
Négligeaient carrément leur tache
Pour voir ça
Le facteur d'ordinair' si preste
Pour voir ça, n' distribuait plus
Les lettre que personne au reste
N'aurait lues.
Pour voir ça, Dieu le pardonne,
Les enfants de coeur au milieu
Du Saint Sacrifice abondonnent
Le Saint lieu.
Les gendarmes, mem' mes gendarmes
Qui sont par natur' si ballots
Se laissaient toucher par les charmes
Du joli tableau.

(au refrain)

Mais les autr’s femm’s de la commune
Privé’s d’leurs époux, d’leurs galants,
Accumulèrent la rancune
Patiemment…
Puis un jour, ivres de colère,
Elles s’armèrent de bâtons
Et, farouch’s, elles immolèrent
Le chaton…
La bergère, après bien des larmes
Pour s’consoler prit un mari
Et ne dévoila plus ses charmes
Que pour lui…
Le temps passa sur les mémoires,
On oublia l’événement,
Seuls des vieux racontent encore
A leurs p’tits enfants…

(Paroles et musique: George Brassens, 1952)


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Il n'y a pas d'amour heureux.

Il n´y a pas d´amour heureux

Rien n´est jamais acquis à l´homme. Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d´une croix
Et quand il veut serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n´y a pas d´amour heureux

Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu´on avait habillés pour un autre destin
À quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu´on retrouve au soir désarmés incertains
Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes

Il n´y a pas d´amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi ces mots que j´ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n´y a pas d´amour heureux

Le temps d´apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l´unisson
Ce qu´il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu´il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu´il faut de sanglots pour un air de guitare

Il n´y a pas d´amour heureux

{extra}

Il n´y a pas d´amour qui ne soit à douleur
Il n´y a pas d´amour dont on ne soit meurtri
Il n´y a pas d´amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l´amour de la patrie
Il n´y a pas d´amour qui ne vive de pleurs

Il n´y a pas d´amour heureux
Mais c´est notre amour à tous deux

(Poème de Louis Aragon, musique de George Brassens, 1954)


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